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La digestion, le premier terrain que je regarde

Déborah Martins
Écrit par Déborah Martins
30 juin 2026 · Lecture 4 min
Mains posées à plat sur le ventre, dans un geste d'écoute

On vient rarement me voir pour sa digestion. On vient pour une fatigue qui traîne, une peau qui se dégrade, un sommeil devenu léger, un poids qui ne bouge plus. Et très souvent, en remontant le fil, on finit dans le ventre.

Pourquoi je commence par là

Parce que c'est le carrefour. C'est là que l'organisme transforme ce que vous mangez en énergie disponible, là qu'une grande partie du travail d'élimination se joue, là que loge une part importante de vos défenses. Si ce carrefour est encombré, tout ce qui vient après en pâtit — l'énergie, l'humeur, la récupération.

C'est aussi le terrain sur lequel on obtient les changements les plus rapides. Quelques semaines suffisent parfois pour que quelqu'un me dise : « je ne sais pas ce qui a changé, mais je n'ai plus mon coup de barre de 15 h ». C'est un excellent point de départ pour la suite.

Les signes qui parlent avant tout le reste

Le ballonnement qui apparaît systématiquement une heure après le repas. La somnolence de l'après-midi. Le transit qui alterne sans logique apparente. La faim qui revient trop vite après avoir mangé. La langue chargée au réveil. Aucun de ces signes n'a de valeur seul ; ensemble, ils dessinent quelque chose.

J'y ajoute toujours le contexte : à quelle vitesse mangez-vous, dans quelles conditions, à quelle heure, et dans quel état d'esprit. On peut avoir une assiette irréprochable et digérer mal parce qu'on mange en huit minutes devant un écran, debout.

Ce qu'on change en premier

Rarement le contenu de l'assiette. D'abord le cadre : s'asseoir, ralentir, mâcher vraiment, espacer les repas, arrêter de grignoter en continu. Ce sont des ajustements qui ne coûtent rien et qui changent beaucoup — le système digestif a besoin de pauses pour faire son travail de nettoyage.

Ensuite seulement viennent les ajustements alimentaires, les amers avant les repas, une infusion adaptée, une synergie de plantes qui soutient le foie ou apaise une muqueuse irritée. Toujours quelques éléments à la fois, jamais un protocole complet imposé d'un coup — sinon rien ne tient au-delà de trois semaines.

Ce qui ne relève pas de moi

Une douleur abdominale persistante, du sang dans les selles, une perte de poids non voulue, des vomissements répétés, une fièvre : ce sont des situations médicales, et elles se règlent chez le médecin, pas au cabinet. Je pose systématiquement ces questions au premier rendez-vous.

La naturopathie travaille le terrain et l'hygiène de vie. Elle accompagne très bien un suivi médical ; elle ne le remplace jamais, et je ne demande à personne d'interrompre un traitement en cours.

Déborah Martins
Déborah Martins
Naturopathe MCO/TENNaturopathe Genève, Eaux-Vives, Genève